Ustensiles

Ustensiles Lê Quan Ninh (percussion solo)

manutention (3:19), sites (8:24), ustensiles horizontaux (15:51), géologie floue (6:33), musique spectrale à petit budget (8:54)

Recorded from December 26 to 29, 1995 by François Dietz at studio CCAM in Vandoeuvre-les-Nancy | Painting by François Bidault

For4Ears CD 82


Reviewed by: Declan O 'Driscoll for the magazine AVANT #5 (UK) - Winter 1998

The glorious sound of metal being scraped, a searing sonority as sharp as thorns but somehow seductive and appealing. The butterfly kiss of a mallet barely touching a cymbal, quiet and definite as an autumnal leaf fall. The sounds that link the two. Locating these links and making each connection compelling is a unique skill (even though percussion is elemental and instinctive -- why else give a rattle to a baby?). Le Quan Ninh has performed that unique role with astonishing resourcefulness, verve and immense imagination in improvising groups, most notably with Michel Doneda and Paul Rogers in a trio called Open Paper Tree which recorded a particularly fine CD of that name for FMP. But Le Quan began playing composed music and it is notable that while improvising musicians have greatly extended the language of many instruments, it is the composers of this century who have liberated percussion and realised its full potential. It was therefore through the music of Varese, Cage, Kagel and others that Le Quan developed his knowledge of what could be achieved with percussion alone; that everything makes a sound and that many of these sounds are extraordinary.

When he began to play in an improvisational context he drew on that experience, playing a vast array of wooden and metal objects and bringing a fresh distinctive dimension to the groups he was a part of. His contributions were not mere colourfull flourishes or exotic side shows (as is so often the case with percussion in jazz) but integral, vital elements, utterly distinctive and to a large extent unprecedented.

On Ustensiles he is alone, playing like an unsupervised child let loose in a toy room, creating mystery and malevolence and unfathomable rumblings, mesmerising us in a way that only he understands. But everything on this wonderful recording speaks directly to the listener. All the connections are made.
Reviewed by: Robert Iannapollo for the magazine Cadence (USA) - July 1998

Percussionist LE QUAN NINH is a colorist extraordinare. On USTENSILES (Four For Ears 822), he delivers a solo recital (recorded 12/26-29/95, no location) using mainly small instruments. They tend towards the metallic: Turkish and Chinese cymbals, Japanese bowls, aluminum sheets, etc. There 's great imagination and a real sense of organization spread throughout these five tracks. On "Musique Spectrale..." he creates a sonic scape of phased, almost electronic tones and clanging bell-like sounds punctuated with washes from the aluminum sheet. This is not to everyone 's taste but it 's a musical experience worth hearing. I suspect live it would be even better.
Reviewed by: Thom Jurek for the site All Music

Vietnamese percussionist Lê Quan Ninh is featured here in this monolithic solo date that has him playing everything from gongs to found objects, tom toms, bells, cymbals, the floor -- virtually everything on the stage set. Now, given that Ninh is not a trap kit drummer per se, and his five pieces here are solo improvisations, it is difficult to speak in terms of music being made according to set patterns or in familiar registers. Yet that is precisely the beauty of a recording like this one. Ninh moves about the stage using different kinds of percussion instruments to make them interact with one another timbrally and tonally. His sense of dynamics and space make for riveting listening even without being able to see him perform this magic. His drums, gong,s and bells literally sing and express emotion. While his basis for choosing his instruments in a chosen piece -- there are five of them -- may or may not be theoretical, their execution is anything but. Here, large washes of sound come from sheets of metal and rubbed cymbals that are accented with deep djembes and coarse drums made form bamboo poles strung tautly together and covered with an animal skin, and they are deepened further by the rumbling of tympanis roaring out from the back of the stage. The album is exquisitely recorded so that nothing, even the movement of Ninh's feet shuffling across the stage, is omitted.
Reviewed by: Gustave Cerutti for the magazine ImproJazz #41

Comme tout percussionniste digne de cette profession, Lê Quan Ninnh possède un impressionnant attirail d'instruments. Mais, à l'inverse de la plupart de ses collègues, il s'abstient de tout démonstration spectaculaire. De sa panoplie, et adaptée à la particularité de chacune des pièces de ce CD, il sélectionne un nombre restreint d'"ustensiles" et, de ceux-ci, il en exploite toutes les virtualités.
Dans son discours, le frottement prend autant d'importance que la frappe avec une prédilection pour les sons métalliques. Bien que la majorité de son matériel provienne d'Asie, on ne décèle aucune référence ethnique appuyée.
Par le développement logique de ses compositions où l'imagination s'allie avec la passion et l'intelligence poétique, Lê Quan Ninh se forge un vocabulaire éminemment personnel comparable à nul autre et il s'impose dorénavant comme l'un des plus importants percussionnistes du moment.
Reviewed by: Théo Jarrier for the magazine Octopus #7 - December 1997

Formé à la percussion contemporaine, Lê Quan Ninh s'est forgé une technique et une pratique instrumentale sur des musiques écrites. Il enregistre notamment la quasi-intégralité des œuvres de John Cage avec le Quatuor Hêlios. Passionné par la notion de collectif, un besoin d'entendre des musiques "libres", vivantes et festives, il découvre les musiques improvisées, participe à diverses formatioons, notamment celle de Misha Lobko, ou en duo avec Beñat Achiary... Il construit également un trio, moment fort dans cette quête du partage, autour de Michel Doneda et Daunik Lazro où se mêle, lors d'une tournée en Pologne, une troupe de théâtre de rue. Il dépasse totalement la notion d'écriture et d'improvisation pour mettre l'accent sur l'instant présent : pour lui, l'acte prime.
Enregistré à Vandœuvre, "Ustensiles" est un solo qui fonctionne en cinq pièces, espaces sonores dans lesquels il plonge littéralement, scrute et sonde. Sans transition les cuivres se frottent aux peaux et vice versa, flux sonore continuel dans une large palette percussive. Tout s'agite, du vrombissement de la grosse caisse au crissement de la petite cymbale chinoise qu'il manipule avec une minutieuse énergie. Tout vibre, du bol japonais à la feuille d'aluminium, d'un gong chromatique à une poignée de pois chiches. Son attention est constante et si intense qu'on l'entendrait presque. Tout reste perceptible dans ce chahut sonore, parfois proche du chaos. La percussion de Lê Quan Ninh envahit l'espace à un degré où l'instinct ne trompe plus.
Reviewed by: Didier Petit for the magazine Le Canard #7

Un solo de percussion demande une grande exigence et l'on sait depuis une bonne pelletée d'années, que Lê Quan Ninh n'en manque pas. Dans les premières écoutes de ce disque, on est emmené par le bout du nez et tiré de A jusqu'à Z sans pouvoir décrocher, ce qui déjà est rare. En vrac, la précision et la rigueur et cela même dans le bordel, la justese des propos dans la matière brute, le son et les vibrations s'infiltrant dans le corps et suivant les pièces, s'insinuant aux différents endroits de celui-ci. L'aléatoire maîtrisé puis jeté, des harmoniques aigües, très aigües, puis de la légèreté, de l'extrême légèreté. Des méandres, jusqu'à l'apparition lointaine d'une voix dont on ne sait d'où elle provient, très lointaine mais bien là !
Frottés, grattés entre peaux et cuivres, entre cuivre et cuivre, mélange de sérénité et de stridence. Et cela raconte, raconte, raconte encore.
Cinq pièces, dont les titres après plusieurs écoutes (et oui, on peut écouter une disques plusieurs fois !) dont les titres donc finissent par modifier l'écoute (car un titre peut modifier une écoute !). Précisions dans le livret sur les "ustensiles" utilisés sur chacun des titres, ce qui nous pousse au repérage... cela nous rappelle les émissions de radio sur France Musique quand on était petit, et on se prend au jeu.
Il est également intéressant de noter que les trois premiers titres font directement référence au travail, de préférence manuel. Les deux suivants étant plus historicistes ("géologie floue" et "musique spectrale à petit budget"), c'est culturellement rassurant. De fait nous nous retrouvons dans un monde plus immédiatement "repérable", passant d'une influence de musique traditionnelle à une musique aujourd'hui à la "mode". Mais attention, ce n'est que l'échafaudage, la musique, elle, est bien présente, et l'on voyage !
Si l'on devait trouver quelques défauts et on a le droit d'en trouver, deux sont très visibels et non audibles : un livret inexistants digne d'un CD en vente dans les stations d'autoroutes et une reproduction qui ne rend pas bien en 24x24 d'une huile et graphite sur papier en 31x31 de François Bidault, comme quoi les reproductions industrielles, c'est frustrant. Ce qui nous amène à penser que la réflexion sur l'objet disque est inexistante. Quand les musiciens comprendront-ils qu'un disque est un objet complexe et complet ?
Cela étant, cette musique m'a touché, elle me touche et l'on a envie de la garder longtemps avec soi. Je remercie celui qui a eu la capacité de la fabriquer.
Reviewed by: Pedro Lòpez for the magazine Hurly Burly #4 - March 1998

El percusionista Lê Quan Ninh grabò del 26 al 29 de Diciembre del 95 en solitario este CD en el que nos presenta una aproximaciòn a diferentes grupos instrumentales con su quehacer caracteristico. Un compact obtenido por la original idea de crear une suscripciòn de unas de setenta personas que imagino han "encargado" literalmente su grabaciòn. 43 minutos en los que cascasdas de percusiones, come es habitual en su autor, se combinan con la obtenciòn de otras sonoridades frotando platos y gons y otras tècnicas. Su instrumentaciòn base son los platos y la caja acompañados por une serle de elementos menos convensionales. Papel de alumino, wood-chimes, bols japoneses etc. De factura densa, Lê Quan Ninh se "lanza" en cada ejecuciòn sobre el sonido intentando obtener, a través de la emociòn que desprende su improvisaciòn, un acercamiento a los limites de su propra percepciòn.